Il avait les cheveux noirs, un regard si saillant. Il sortait des ténebres. Il marchait face à moi avec ce regard à la fois envoutant et trompeur qui inspire la méfiance, ma méfiance. Son manteau sombre paraissait lourd, ce lourd poids qu'il porte sur ses épaules. Cette fumée qu'il recrachait voltigeait dans l'air comme pour trouver une issue pour échapper a tout ça. Si cette dernière n'y parvenant pas se désagrégeait pour devenir poussiere, lui ne le pouvait pas. Des idées folles lui étaient venues en tête, elles provoquaient insomnies sur insomnies. Il buvait, cette poudre blanche était constamment collée à ses paumettes. Il voulait s'en debarasser, il se sentait sale, impur. Il voulait revenir en arrière et évidement il pensait à elle. Il l'imaginait assise sur ce banc le regardant avec son regard si profond qui lui transperserait le coeur. Puis il l'imagina marcher à côté de lui, il sursauta et s'appercevant qu'il s'était encore égaré de ce monde-ci, fit échapper une grimace que personne ne remarqua. Oui tous ces gens qui marchent dans la rue ne vous regardent pas, ils sont si gris et si renfermés sur eux mêmes que le mot fraternité en perd tout son sens. Mais lui aussi n'en avait rien à faire, il était habitué à marcher seul sans savoir où il allait. Il rode dans les rues comme un lion qui s'incline devant un plus fort que lui sans rien perdre de sa fierté. Lui avait appris à aimer la pluie qu'il haissait étant petit mais son enfance il s'en souvient pas. Il est tellement loin de tout ça qu'il croit qu'il a fait de beaux reves dans cette maison où il a attéri la semaine derniere, il y a sentie la femme, son instinc de chasseur a pris le dessus mais aussitôt l'acte accompli il s'en allait sans dire un mot. Il a finit par croire n'existait pas, qu'elles étaient toutes pareil, un corps qu'on pénétre, un coprs sans interet, il ne prenait plus la peine de les écouter. Sa mere l'avait pourtant bien élevé mais cette voiture lui avait oté la vie sans demander l'avis du petit garcon de 5 ans qu'il était. Aussitôt les parties de foot avec son père se sont transformés en visite à l'hopital pour des lavages d'estomac. Il connaissait cette rue par coeur, les moindres fissures lui étaient familieres car il avait pris l'habitude de baisser la tête comme il faisait quand il boudait mais là c'était different.